Soudan: 22 morts dans les combats à Abyei entre armée et ex-rebelles sudistes
Vingt-deux soldats soudanais ont été tués et 45 blessés dans les violents combats qui ont opposé mardi l'armée et d'anciens rebelles sudistes à Abyei, une région pétrolifère stratégique, a affirmé mercredi un haut responsable militaire.
"De notre côté, pour ce que nous en savons, 22 personnes ont été tuées et 45 blessées", a déclaré le général de brigade Mountasser Sabier, le commandant de l'armée à Abyei. "La situation aujourd'hui (mercredi) est très calme et nous prenons nos dispositions", a-t-il ajouté sans plus d'explications.
D'après lui, les anciens rebelles sudistes de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) ont subi beaucoup plus de pertes. Trois ans après la fin de la guerre civile au sud-Soudan, des affrontements ont opposé pendant plusieurs heures soldats et ex-rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) à Abyei, au coeur d'une zone située sur la ligne de démarcation entre le sud et le nord, et revendiquée par les deux parties.
Les combats aux obus de mortier et à l'artillerie lourde sont parvenus jusqu'à la porte du principal bâtiment de l'ONU en bordure de la ville, ont affirmé des travailleurs humanitaires. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à un cessez-le-feu immédiat à Abyei, avertissant que "si la situation n'est pas rapidement réglée, les bénéfices tirés jusqu'ici de l'Accord de paix globale (CPA, 2005) pourraient être remis en cause". L'ambassade des Etats-Unis, de son côté, a appelé à mettre fin à "la dangereuse escalade de violence" et le département d'Etat a dit chercher les moyens d'aider à mettre fin aux combats.
D'après l'ONU, la détérioration de la situation à Abyei, dont les recettes pétrolières, estimées à plus d'un demi-milliard de dollars en 2007, sont âprement disputées par le gouvernement de Khartoum et l'ex-rébellion sudiste, pourrait "saper le processus de paix tout entier". L'ONU, qui a fait état de nombreuses victimes, a dit être en contact avec les deux parties, avertissant que l'insécurité menaçait l'aide à 30.000 à 50.000 déplacés. La semaine dernière, des combats meurtriers avaient déjà opposé les deux camps à Abyei, poussant la quasi totalité des habitants à fuir et l'ONU à évacuer son personnel.
Les combats, qui ont commencé avant l'aube et pris fin en milieu de matinée, "ont été très violents", a affirmé un travailleur humanitaire sous couvert de l'anonymat. "En ce moment, c'est calme, mais je pense que le sentiment général, c'est que ce n'est pas la fin". D'après les travailleurs humanitaires, les violences ont repris lorsque la SPLA a attaqué Abyei. L'armée soudanaise a fait état de morts et de blessés dans ses rangs, tout en affirmant avoir repoussé l'attaque.
Les travailleurs humanitaires ont affirmé que des Antonov avaient bombardé un lieu situé à quatre km d'un centre d'aide. Selon le général Mountasser Sabier, le commandant de l'armée à Abyei, les forces de la SPLA ont tenté de s'emparer de la ville. "Ce fut une attaque très agressive. Ils avaient six chars et beaucoup de mitrailleuses sur des véhicules. Ils ont utilisé toutes leurs armes pour occuper Abyei. Mais nous les avons défaits. Nos réservistes sont venus et les ont chassés d'Abyei", a-t-il affirmé au téléphone. "Beaucoup, beaucoup de leurs officiers et soldats ont été tués.
Nous avons aussi quelques victimes, quelques morts et quelques blessés", a-t-il ajouté. Edward Lino, principal responsable sudiste à Abyei, a critiqué l'armée pour avoir envoyé des troupes supplémentaires. "L'objectif de la SPLA a été, avant tout, de nous défendre, de défendre la zone et de défendre le peuple". Il a fait état de "beaucoup" de morts et de blessés. "C'est la plus grande violation (depuis 2005), mais nous sommes pour la paix et nous ne pouvons permettre qu'elle" échoue.
Les ex-rebelles et le gouvernement avaient signé le CPA pour mettre fin à 21 ans de lutte armée au sud-Soudan, mais le statut d'Abyei n'a toujours pas été défini trois ans après la signature de l'accord. En 2011, la population doit décider par référendum si la région reste dans le Nord ou est intégrée au Sud, semi-autonome, et si le Sud doit proclamer son indépendance.
De violents combats ont de nouveau éclaté mardi entre l'armée et les anciens rebelles sudistes dans la région pétrolifère stratégique d'Abyei au Soudan, menaçant un fragile accord de paix conclu en 2005. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à un cessez-le-feu immédiat à Abyei, avertissant que "si la situation n'est pas rapidement réglée, les bénéfices tirés jusqu'ici de l'Accord de paix globale (CPA, 2005) pourraient être remis en cause".
Trois ans après la fin de la guerre civile au sud-Soudan, des affrontements ont opposé pendant plusieurs heures soldats et ex-rebelles de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) à Abyei, au coeur d'une zone située sur la ligne de démarcation entre le sud et le nord, et revendiquée par les deux parties.
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