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Accident de Charm el-Cheikh: les juges ordonnent une contre-expertise

by massoussi last modified 2008-07-10 13:26

Quatre ans et demi après la catastrophe aérienne de Charm el-Cheikh (Egypte), les juges chargés de l'enquête à Bobigny ont satisfait mercredi les familles des 135 victimes françaises en leur annonçant qu'ils ordonnaient la contre-expertise qu'elles réclamaient

Accident de Charm el-Cheikh: les juges ordonnent une contre-expertise

Les juges, qui ont repris l'enquête fin 2007, estiment "que les hypothèses de défaillances mécaniques ou électriques alléguées par les familles méritaient d'être approfondies", a expliqué lors d'un point presse le procureur de la République de Bobigny François Molins.

Marc Sommerer et Olivier Christen ont annoncé mercredi aux familles, qui contestaient l'impartialité et les conclusions de l'expertise versée au dossier en janvier, qu'ils agréaient leur demande, lors d'une réunion d'information à huis clos organisée au tribunal de Bobigny, a confirmé M. Molins.

Une centaine de proches, représentant une grande part des 600 parties civiles au dossier, ainsi qu'une quinzaine d'avocats, y participaient. En parallèle de l'enquête judiciaire, des procédures civiles ont été engagées, en France et aux Etats-Unis Le 3 janvier 2004, le Boeing 737 de la compagnie charter égyptienne Flash Airlines, déséquilibré sur sa droite, s'était enfoncé dans la Mer rouge peu après son décollage.

L'enquête judiciaire pour "homicides involontaires" ouverte le jour même a donné lieu à 37 tomes de procédure mais aucune mise en examen à ce jour. En parallèle, des procédures civiles ont été engagées, en France et aux Etats-Unis Les familles, qui estiment n'avoir "toujours pas de réponse au pourquoi" du drame, se disaient "satisfaites" et prêtes à attendre encore.

"On repart pour 18 mois mais c'est pas grave, on a besoin de connaître la vérité", estimait ainsi Laurent Jouault, qui a perdu 5 proches. Selon le rapport d'expert, l'accident est dû à une défaillance du pilote qui aurait été victime d'un phénomène de "désorientation spatiale". Il conforte la thèse du Bureau enquête accident (BEA) français qui dès 2006 avait mis en cause le pilote. Il blanchit le constructeur américain Boeing et met en lumière les carences du recrutement à Flash Airlines.

"Il y avait beaucoup d'incohérences dans ce rapport, on est très satisfaits qu'il y ait une contre-expertise", a commenté Daniel Vialet, membre de l'Association de défense des familles de victimes. Il espère que les nouveaux experts obtiennent une copie de l'enregistreur de sons (deuxième boîte noire) de l'appareil, et pas seulement des retranscriptions.

Avec cette contre-expertise, "on repart un peu à zéro" pour tenter "de faire la part du facteur humain et du facteur technique" dans cette enquête dont la difficulté "est de distinguer les +causes+ du crash des +facteurs contributifs+", a déclaré le procureur.

Très engagées dans la procédure, les familles ont publié en juin 2007 leur propre rapport d'experts sur l'accident, qui épingle tous les acteurs, y compris la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), pour n'avoir pas interdit de vol, comme la Suisse, la compagnie égyptienne, "pas un exemple à suivre" en matière de sécurité, selon M. Molins.

Au civil, elles ont obtenu en mars de la Cour d'appel de Paris un dépaysement de la procédure engagée contre Boeing, le loueur ILFC et deux autres sociétés américaines aux Etats-Unis où, selon elles, la responsabilité du constructeur pourrait être reconnue.

En attendant, Marc Chernet, président de l'association des familles de victimes, vient d'écrire au président de la République pour réclamer de nouveau "une sépulture décente" au cimetière du Père Lachaise à Paris, pour les restes de victimes non identifiées restés au Caire. Et non au carré des indigents à Thiais, comme annoncé aux familles.

© 2008 AFP

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