Affaire Eto’o Fils : La Rts annonce une plainte contre le goléador
Alors que le ministère public ouvre une « enquête contre certains joueurs de l’équipe nationale », à la demande du ministre des Sports et de l’Education physique. L’ambiance à la Radio Tiemeni Siantou est ordinaire en ce jeudi 12 juin
Il est 11h45 et l’équipe du journal de la mi-journée est à pied d’œuvre, comme si deux officiers de police n’avaient pas fait irruption ici la veille pour déposer une convocation destinée à Philippe Boney du service des sports, actuellement en congé maladie, à la suite de l’agression subie à l’hôtel Hilton le 31 mai dernier. Eugène Messina, le chef de chaîne, se veut formel au sortir du studio, après son papier au journal de midi : « Je ne suis nullement surpris par cette convocation.
Il y avait trois possibilités : soit le ministère public engage une procédure, soit Philippe dépose plainte, soit, enfin, c’est la radio qui le fait. » L’une des possibilités n’excluant pas les autres, le chef de chaîne se réserve l’exclusivité d’annoncer que l’affaire Eto’o –Boney est loin d’avoir connu son dénouement : « En effet, la Radio Tiemeni Siantou va porter plainte contre Samuel Eto’o Fils. Notre conseil est en train de travailler à identifier clairement les chefs d’accusation.
Boney Philippe a écopé d’une incapacité de 45 jours, une situation malencontreuse qui le rend indisponible à remplir le contrat de confiance passé avec les auditeurs voici plus d’un an. Ce qui constitue en soi un énorme préjudice. On peut déjà mesurer l’incidence de son absence sur l’intégrité de l’information de la radio.» Le chef de chaîne ne se satisfait pas des excuses adressées par le goléador à la victime de sa montée d’adrénaline : « Demander pardon c’est bien, mais ça n’exclut pas une éventuelle procédure. »
A la question de savoir qui constitue le conseil de la Rts, le chef de chaîne préfère garder le suspense. En attendant ce nouveau développement de l’affaire Eto’o Fils, les yeux sont tournés vers la police judiciaire. Des sources proches des services de la Police judiciaire indiquent que le ministre des Sports et de l’Education physique a adressé une lettre au délégué général à la sûreté nationale le 2 juin dernier, pour demander l’ouverture d’une enquête sur l’affaire du coup de tête du 31 mai au Hilton. Il a donc fallu douze jours avant qu’une convocation soit déposée à la Rts.
Mercredi 12 juin, Boney Philippe reçoit un appel d’un confrère qui l’informe de ce qu’il doit se présenter le lendemain dans les locaux de la police judiciaire. Ce qui le surprend dans un premier temps : « Je ne voulais pas partir ; j’estime que le ministère public a pris trop de temps et que l’affaire est close depuis que Samuel a présenté ses excuses. Finalement, je me suis décidé à répondre présent, sans pression aucune. »
L’essentiel de l’audition conduite par l’officier de police Maurice Muaffom a consisté à établir les responsabilités de certains lions indomptables dans l’incident du 31 mai : « Il voulait savoir ce qu’a effectivement fait Thomas Nkono, ce qu’a fait Idriss Carlos Kameni, etc. » Non seulement Boney Philippe n’était pas, assure-t-il, lucide à ce moment-là pour voir qui fait quoi, mais surtout il ne veut pas rentrer dans le fond de l’affaire. C’est pourquoi il répond que l’affaire est terminée et s’en tient à cela : « J’ai tenu à ce que l’officier de police écrive dans le Pv que pour moi, c’est fini. Depuis que Samuel a demandé pardon, l’incident est clos. »
Le journaliste se dit surpris que l’on revienne sur une affaire qui, pour lui, relève du passé. Déjà, on annonce pour ce jour à 10h l’audition d’André Kemdem, le responsable de Stv Yaoundé à la Direction de la police judiciaire.
Maurice Simo Djom