Bakassi : Les rebelles du Delta annoncent une attaque
Le Conseil de sécurité et de défense du Delta du Niger mandate quatre de ses chefs militaires pour négocier avec les autorités camerounaises. Le 12 juin 2008, le Conseil de sécurité et de défense du Delta du Niger (Niger Delta Defence and Security Council (Nddsc)) a saisi les autorités camerounaises d'une lettre dans laquelle ils revendiquent l'attaque du 12 novembre 2007 qui avait fait 21 morts parmi les militaires camerounais à Bakassi.
L'original de la note signée du général A. G. Basuo, directeur des opérations et du commandant Ebi Dari pour le compte de la Défense, a été déposé à l'ambassade du Cameroun à Lagos, indiquent les rebelles.
Ces derniers affirment qu'ils avaient auparavant averti Yaoundé via l'ambassade de Lagos, qu'ils ne feraient aucun compromis sur la péninsule de Bakassi. Selon les leaders du Nddsc, une réunion a d'ailleurs eu lieu entre leurs délégués et des " officiels camerounais ", à Limbé, le 04 mars 2008, " mais les personnes clés attendues pour la discussion étaient absentes ".
Pour motiver leur démarche, les hommes du Nddsc estiment qu'ils n'ont pas été consultés lors des négociations entre le Cameroun et le Nigéria, en vue de l'application de la décision de la Cour internationale de justice de la Haye.
Aussi ont-ils donc décidé d'user de tous les moyens pour se faire entendre. " La ligne de front est juste en train d'être tracée ", écrivent les rebelles qui, pour le prouver, affirment, sans aucun détail précis, être à l'origine des attaques du 12 novembre 2007.
Les mêmes rebelles ne revendiquent cependant pas l'attaque du 9 juin dernier. Mais assurent qu'ils ne vont jamais renoncer à leurs plans sur la péninsule de Bakassi.
Les leaders du Nddsc ouvrent néanmoins une voie au dialogue, et annoncent la désignation des commandants Ebi Dari, Daniel G. Dike, des généraux James Ofoni et Ebikemi A. Akogbe comme délégués aux négociations. Les leaders présumés du Nddsc sont-ils légitimes ? Un journaliste nigérian affirme qu'un commandement unifié des groupes rebelles opérant dans le Delta du Niger a effectivement été mis sur pied courant 2007.
Quid de la rencontre de Limbe ? Le préfet du département du Fako, Bernard Okalia Bilai, contacté par Le Jour soutient qu'il n'a jamais assisté à une telle réunion.
" Comment tiendrions-nous une réunion avec des gens qui sont des ennemis du Cameroun ? ", s'est-il interrogé. Mais le général Basuo réitère que ses hommes ont bel et bien été à Limbé. Et comment les rebelles ont-ils eu les contacts de journalistes camerounais ? Le général Basuo avoue avoir des contacts tant des civils que des militaires camerounais à Bakassi.
D'un ton martial, le général Basuo menace : " Au moment où je vous parle, il y a des opérations terribles sur place à Bakassi ", allusion faite à des manœuvres militaires. Un responsable de l'armée confie que l'état-major est au courant de ces développements, avant de préciser que des enquêtes sont en cours pour identifier les éléments camerounais qui seraient en contact avec les groupes extrémistes nigérians.
Toujours est-il que la démarche actuelle des rebelles, qui intervient quelques jours seulement après que le ministre de la Défense ait annoncé une attaque imminente à Bakassi.
Denis Nkwebo Le jour