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Le dialogue s'enlise au Zimbabwe où l'opposition retarde un accord préalable

by massoussi last modified 2008-07-18 12:48

L'espoir d'un déblocage politique rapide s'amenuisait jeudi au Zimbabwe, où l'opposition a refusé de signer dans l'immédiat un accord posant le cadre de négociations avec le régime du président Robert Mugabe.

Le dialogue s'enlise au Zimbabwe où l'opposition retarde un accord préalable

Des représentants de l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF, au pouvoir) et du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), qui s'étaient rencontrés la semaine dernière à Pretoria, auraient dû signer ce protocole d'accord mercredi, a assuré le quotidien d'Etat The Herald.

Mais le leader du MDC Morgan Tsvangirai a finalement refusé d'apposer sa signature sur le document, après un entretien téléphonique avec le président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping qui "lui a recommandé de ne pas signer", selon The Herald.

Tsvangirai a confirmé au quotidien sud-africain The Star ne pas vouloir s'engager formellement avant des entretiens, vendredi à Pretoria, de Ping avec le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur au Zimbabwe. "Ce n'est pas que l'on refuse de signer, mais les processus doivent être affinés", a-t-il dit. Tsvangirai "veut des clarifications sur le rôle de l'UA et attend le résultat de consultations entre MM. Ping et Mbeki avant de signer", a précisé une source au MDC.

Le chef du MDC a plusieurs fois prié l'UA de s'engager directement dans la médiation, car il ne fait pas confiance à l'impartialité du président Mbeki. Le protocole d'accord fixait des modalités et un ordre du jour pour les négociations et incluait un appel à la fin des violences - une des principales conditions du MDC -, selon des sources au sein des pourparlers. Tsvangirai a largement devancé Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, au premier tour de l'élection présidentielle le 29 mars.

Mais il s'est retiré de la course en raison des violences contre ses partisans. Mugabe, seul en lice au second tour le 27 juin, a logiquement emporté un sixième mandat, que l'opposition et l'Occident ont refusé de reconnaître. L'Union européenne, dont des sanctions (interdiction de séjour, avoirs gelés) visent déjà 131 responsables zimbabwéens, devrait inclure une quarantaine de personnes de plus sur cette liste le 22 juillet, ont indiqué jeudi des diplomates européens.

L'UA pour sa part, s'est contenté d'appeler à la formation d'un gouvernement d'union nationale. A Harare, les deux camps se disent prêts au dialogue tout en posant des conditions difficulement conciliables. Mugabe réclame d'être reconnu comme le chef de l'Etat, ce que le MDC refuse. L'opposition demande l'arrêt des violences, la libération de détenus politiques et l'inclusion d'un émissaire de l'UA dans la médiation.

Pour Eldred Masunungure, chercheur en sciences politiques à l'Université du Zimbabwe, Tsvangirai prend son temps pour éviter d'être absorbé par la Zanu-PF, qui dirige le pays depuis l'indépendance en 1980. "Le MDC soupçonne la Zanu-PF de garder des cartes dans ses manches, et préfère être extrêmement prudent plutôt que de se jeter dans des négociations qui pourraient ne pas lui être favorables", dit-il.

Le MDC craint de subir le sort de l'Union africaine du peuple du Zimbabwe (Zapu) disparue au début des années 80 après un accord passé avec la Zanu-PF visant à mettre un terme aux violences dans le sud du pays.

Le chef de la Zapu Joshua Nkomo avait été nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de son rival Mugabe, mais avait été bientôt neutralisé et son parti avalé. "Chat échaudé craint l'eau froide", relève Masunungure, pour qui le MDC "essaie d'éviter l'écueil sur lequel a sombré la Zapu".

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