Mort d'enfants en mer en Italie: contradictions dans le récit des clandestins
La police italienne cherchait à faire la lumière sur la mort de deux enfants lors de la traversée en Méditerranée d'une barque de clandestins alors que des contradictions sont apparues dans le récit de ces derniers, selon les médias.
Le récit fait samedi par un Nigérian de 30 ans de la mort par déshydratation de ses deux enfants de 2 et 4 ans dont les corps auraient été jetés à la mer a été confirmé aux enquêteurs par certains passagers mais infirmé par d'autres, a indiqué l'agence Ansa.
Par ailleurs, une femme ayant voyagé avec le groupe a raconté elle aussi avoir perdu ses deux enfants durant la traversée du canal de Sicile, selon la même source. L'homme et la femme faisaient partie d'un groupe de 74 clandestins à bord d'une embarcation à la dérive secourus samedi par les gardes-côtes italiens et transférés sur l'île de Lampedusa.
Le père présumé a déclaré voyager seul avec ses deux enfants, affirmant que la mère était restée au Nigeria. Des compagnons de voyage ont en revanche assuré que son épouse était morte. Selon son récit, son petit garçon de deux ans a commencé à vomir la nuit qui a suivi le départ de l'embarcation. Il serait mort rapidement. Sa soeur de quatre ans serait ensuite morte de déshydratation.
Les deux corps auraient été jetés à la mer. Ce nouveau drame de l'immigration clandestine a secoué l'Italie au lendemain de l'extension controversée par le gouvernement Berlusconi de "l'état d'urgence" contre les clandestins.
Cette mesure est destinée selon le gouvernement à mobiliser les moyens pour "renforcer l'assistance aux clandestins" alors que les arrivées se sont multipliées cette année. Le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni a fait état de l'interception de 10.611 clandestins au cours des six premiers mois de 2008, contre 5.378 de janvier à juin 2007.
© 2008 AFP