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Mugabe jure que l'opposition ne dirigera pas le Zimbabwe de son vivant

by massoussi last modified 2008-06-15 19:06

Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a fait preuve samedi d'une combativité renouvelée, jurant que l'opposition ne dirigerait jamais le pays de son vivant et qu'il était prêt à se battre, à moins de deux semaines du second tour du scrutin présidentiel.

Mugabe jure que l'opposition ne dirigera pas le Zimbabwe de son vivant

"Que ce pays soit pris par des traîtres de notre vivant est impossible", a lancé M. Mugabe pendant l'enterrement d'un ancien combattant de la guerre de libération des années 1970. Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, sort du bus qu'il utilise pour sa campagne électorale le 11 juin 2008 devant le QG de son parti à Harare "Nous sommes prêts à mourir pour ce pays et à partir en guerre pour lui", a poursuivi le président Mugabe, 84 ans et au pouvoir depuis l'indépendance en 1980 de l'ex-Rhodésie du Sud britannique, qui avait déjà brandi cette menace jeudi.

Dans sa rhétorique, l'expression "traître" désigne le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), accusé d'être au service de l'ancienne puissance coloniale, elle-même soupçonnée de vouloir reprendre le contrôle du pays. Samedi, M. Mugabe qui s'était fait plutôt discret depuis les élections générales du 29 mars, a repris ce credo. "Une nouvelle fois, nous voulons dire aux Américains et aux Britanniques que nous ne sommes les sujets de personne et que nous ne le serons jamais", a-t-il affirmé.

"Le régime britannique est tombé pour toujours. Jamais, jamais, ce pays ne sera gouverné à nouveau par un Blanc !" Au même moment, son rival Morgan Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour de la présidentielle le 29 mars, tentait de faire campagne dans le centre du pays malgré le harcèlement policier. Pour la cinquième fois en une dizaine de jours, il a été arrêté par les forces de l'ordre à un barrage routier, conduit jusqu'à un commissariat et relâché après deux heures sans être inculpé.

Il a ensuite repris sa route à bord d'un bus rouge et noir aux couleurs du MDC, que la police a accepté de restituer. Les deux bus de campagne du parti avaient été saisis la veille. A l'approche du second tour entre MM. Mugabe et Tsvangirai le 27 juin, la répression ne cesse d'augmenter au Zimbabwe, où les violences politiques sont généralisées. Une association de médecins a indiqué avoir soigné plus de 3.000 victimes d'agressions à caractère politique. Selon l'ONU, la plupart des attaques peuvent être attribuées aux partisans du régime.

Le MDC assure que 66 de ses partisans ont été tués, 200 portés disparus et 3.000 hospitalisés au cours des deux derniers mois. Dans ce contexte, le parti était particulièrement inquiet pour son secrétaire général, Tendai Biti, qui n'avait pas pu être contacté depuis son arrestation jeudi. Samedi, conformément à une injonction judiciaire, la police l'a toutefois présenté à un tribunal de Harare.

Le numéro deux du MDC a semblé en bonne forme, même s'il est resté "réservé, une attitude inhabituelle pour lui", selon son avocat Me Lewis Uriri. L'audience a été courte et M. Biti, l'un des critiques les plus féroces du président Mugabe, a été remis en détention au commissariat de Matapi, dans l'ouest de Harare. La police a confirmé vouloir l'inculper pour "trahison", une charge passible de la peine de mort, et "s'est engagé à le présenter de nouveau à la justice lundi", selon Me Uriri.

Les autorités accusent M. Biti d'avoir élaboré la stratégie du MDC pour renverser le président Mugabe, dans un document qualifié de "faux grossier" par le MDC. Elles lui reprochent également d'avoir revendiqué la victoire du MDC au scrutin du 29 mars sans attendre les résultats officiels. La commission électorale avait attendu plusieurs jours avant d'annoncer la défaite du parti au pouvoir aux législatives et cinq semaines pour rendre public le revers de M. Mugabe à la présidentielle.

© 2008 AFP

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