Nigeria: des victimes autorisées à se porter partie civile contre Pfizer
Un tribunal nigérian a accédé vendredi à la demande de victimes souhaitant se porter partie civile dans le procès dans l'Etat de Kano (nord) contre le géant pharmaceutique américain accusé d'avoir fait des essais mortels en 1996 d'un médicament.
"La présence du demandeur au procès est importante pour que la décision dans l'affaire soit valide et effective. La demande de se porter partie civile est pour cette raison reçue", a déclaré la juge Anwuri Chikere de la Haute Cour fédérale d'Abuja.
La décision de vendredi fait suite à une demande déposée par l'avocat représentant les victimes des essais mortels dont est accusé Pfizer. L'Etat de Kano accuse la compagnie américaine d'avoir testé illégalement un médicament contre la méningite appelé Trovan sur 200 enfants en avril 1996 lors d'une triple épidémie de méningite, de rougeole et de choléra, ce qui aurait entraîné la mort d'au moins onze d'entre eux et des dommages physiques à 189 autres.
L'avocat de Pfizer Damian Dodo n'était pour l'heure pas en mesure d'indiquer si la société ferait appel de la décision de vendredi. Il a indiqué que s'il s'avérait que la décision était "erronée", Pfizer exercerait "pleinement son droit de faire appel". La cour a ajourné au 22 septembre l'affaire pour d'autres auditions.
L'Etat fédéral du Nigeria réclame quelque 7 milliards de dollars au géant pharmaceutique et l'Etat de Kano a demandé une compensation à hauteur de 1,75 milliard de dollars devant un autre tribunal. Cependant, un accord à l'amiable n'est pas exclu selon des sources officielles. Après près d'un an d'auditions, aucun tribunal n'a encore abordé le coeur de l'affaire, les sessions ayant été consacrées à des questions de procédure.
TV5.org