Clinton dénonce au Kivu le recours au viol/Actualité
Hillary Clinton, qui a fait de la dénonciation des violences envers les femmes l'une des priorités de sa visite, a rencontré des victimes de violences sexuelles et a exhorté la RDC et l'Onu à punir leurs auteurs. Goma, qui abrite des dizaines de milliers de réfugiés ou de déplacés dans des villages de tentes, est situé dans l'une des zones les plus dangereuses au monde pour les femmes et les enfants, de l'avis des ONG humanitaires. Ce mercredi, la secrétaire d’Etat sera à Abuja, cinquième étape de sa tournée africaine qui en compte sept. Elle rencontrera le président nigérian Umaru Yar'Adua.
Comme elle l’avait annoncé hier à Kinshasa, Hillary Clinton a demandé au président Kabila d'arrêter les officiers des forces armées congolaises impliqués directement ou indirectement dans les viols.
La discussion, qui s'est tenue sous une tente installée dans l'enceinte de la résidence du gouverneur de Goma, a été très « franche », a précisé la secrétaire d'Etat américaine, jugeant qu'il « ne devrait pas y avoir d'impunité pour les crimes sexuels ».
« Les Etats-Unis sont prêts à apporter leur aide pour professionnaliser l'armée. Les retards de soldes, l'indiscipline et la logistique défaillante incitent les militaires à piller les populations. La RDC a besoin d'une armée bien payée, bien entraînée, qui protègera la population et n'aura plus de raisons de se nourrir sur son dos », a expliqué Hillary Clinton.
- millions de dollars d'aide ont été promis pour aider à combattre les violences sexuelles. L'argent sera fourni aux ONG locales pour former des femmes policières, apporter de l'aide médicale et psychologique pour environ 10.000 victimes.
Selon les estimations, 400 femmes, jeunes filles et même enfants, seraient violées chaque mois dans l'est du Congo. Un chiffre qui est sans aucun doute sous-évalué. Beaucoup de victimes n'osent ni en parler, ni porter plainte.
RFI