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Kenya: sept ministres soupçonnés pour les violences de 2008/Actualité Afrique

by paul B. last modified 2009-07-18 02:07

Sept ministres, dont ceux des Finances Uhuru Kenyatta et de l'Agriculture William Ruto, sont soupçonnés d'avoir participé aux violences au Kenya début 2008 par une commission kényane des droits de l'homme, selon une liste rendue publique vendredi.

Kenya: sept ministres soupçonnés pour les violences de 2008/Actualité Afrique

Sept ministres, dont ceux des Finances Uhuru Kenyatta et de l'Agriculture William Ruto, sont soupçonnés d'avoir participé aux violences au Kenya début 2008 par une commission kényane des droits de l'homme, selon une liste rendue publique vendredi.

L'annonce de la réélection du président Mwai Kibaki (un Kikuyu) pour un second mandat à l'issue de la présidentielle de décembre 2007 avait été contestée par l'opposition et suivie de violences politico-ethniques qui avaient fait environ 1.500 morts et plus de 300.000 déplacés.

La liste, contenue dans un rapport présenté par la Commission nationale kényane des droits de l'homme (KNCHR, organisme public), comprend 219 personnes suspectées d'être derrière ces violences parmi lesquelles des députés ainsi que le chef de la police.

Sept ministres actuels, députés durant les violences, figurent sur cette liste: le vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta (Finances), William Ruto (Agriculture), Franklin Bett (Routes), Sally Kosgey (Enseignement supérieur), Henri Kosgey (Industrialisation), William Ole Ntimama (Culture), Najib Balala (Tourisme).

Les ministres sont principalement accusés d'avoir incité des membres de leur ethnie à affronter des communautés rivales, ainsi que d'avoir financé et organisé les violences.

Le rapport accuse ainsi Uhuru Kenyatta, fils du père de l'indépendance, et d'autres députés originaires du centre du Kenya, "d'avoir participé à des réunions pour planifier des attaques de réprésailles par la communauté kikuyu" contre des tribus rivales dans la vallée du Rift, et "d'avoir financé et organiser des milices" dans ce but.

Plusieurs députés des deux camps rivaux ainsi que des responsables administratifs et de la police en poste pour la majorité dans les régions de la vallée du Rift (épicentre des violences) et de la province Centrale, fief du président Kibaki, figurent également parmi les suspects.

"Voici les suspects qui, d'après notre enquête, ont joué un rôle dans l'organisation des violences post-électorales", a déclaré à la presse la directrice de la KNCHR, Florence Simbiri-Jaoko, lors d'un point de presse, précisant que le rapport allait être remis "au gouvernement et aux organisations intéressées".

Le chef de la police, le général Hussein Ali, est épinglé dans le rapport qui accuse des officiers de police sous son commandement d'avoir été "partisans" et "fait usage d'une force excessive ayant conduit à la mort et à des blessures".

La publication de ce rapport intervient au lendemain de la transmission au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de la liste sous scellés des noms des suspects présumés épinglés par la commission d'enquête sur les violences au Kenya, dite commission Waki, présidée par l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, a ouvert en février 2008 un "examen préliminaire" à propos de ces violences, mais a conclu un accord avec le Kenya selon lequel ce pays a jusqu'à juin 2010 pour décider s'il poursuit lui-même les responsables présumés, ou s'il se dessaisit de l'affaire en faveur de la CPI.

TV5.org

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