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Maroc: Les pilotes de la RAM continuent leur bras de fer par une grève de neuf jours/Actualité

by paul B. last modified 2009-08-21 03:24

Les pilotes de Royal Air Maroc ont prolongé leur débrayage de trois à neuf jours. Les négociations sont au point mort concernant le recrutement par la compagnie de commandants de bord étrangers.

Les pilotes de Royal Air Maroc ont prolongé leur mouvement de grève initial de trois à neuf jours jours, jusqu'au vendredi 20 août, alors que le conflit sur le recrutement par la direction de commandants de bord étrangers menace d'interrompre le trafic aérien dans le pays. Ce dernier débrayage est le troisième déclenché par les pilotes, qui protestent contre la politique d'embauche de la compagnie.

Les deux parties campent sur leurs positions. Alors que les grévistes dénoncent le mutisme de leur direction, celle-ci continue de déplorer le comportement de ses pilotes et déclare en parallèle que la porte est ouverte au dialogue.

Les revendications de l'Association Marocaine des Pilotes de Ligne n'ont pas changé. Ces derniers demandent l'arrêt par la direction du recrutement de commandants de bord étrangers et le respect des engagements pris par la compagnie envers ses pilotes.

"Personne ne peut accepter de recruter des étrangers au sein d’une compagnie nationale", a déclaré le député Lahcen Daoudi, apportant son soutien au mouvement des pilotes.

"Des propositions ont été déjà formulées aux pilotes "pour engager le dialogue", a déclaré Rajaa Bensaoud, chargée de la communication au sein de la RAM. Elle ajoute que tout a été mis en place pour acheminer les passagers à destination dans les plus brefs délais. "Les retards sont dus à la prolongation inopinée de la grève qui coïncide avec une période de haut trafic, notamment en raison de l’opération Omra", explique-t-elle.

Najib Ibrahimi, le porte-parole de l'Association Marocaine des Pilotes de Ligne, a déclaré à Magharebia que les pilotes espéraient que la direction de la compagnie les aurait invités à la rencontre du 10 août, mais qu'ils n'ont pas été conviés à la table des négociations.

Ces grèves à répétition ont entraîné des retards et des annulations de vol. De nombreux passagers ont exprimé leur mécontentement à propos des "interminables heures d’attente dans les différents aéroports du Maroc".

Salim Chawki explique que sa femme, qui devait se rendre lundi à Paris, a dû attendre longtemps à l’aéroport de Rabat. "Certains passagers accompagnés d’enfants ont beaucoup souffert", a-t-il expliqué.

Le bureau du syndicat des travailleurs de Royal Air Maroc a déclaré lundi 17 août que la compagnie est aujourd'hui "mise à mal par le conflit social qui oppose les pilotes à la direction, conflit dont les conséquences s'avèrent très préjudiciables à la compagnie, aussi bien sur le plan financier qu'en termes d'image de marque".

Le syndicat a appelé à un dialogue responsable et constructif pour trouver une issue à ce conflit.

"L'AMPL n'est plus capable de perturber gravement, et encore moins de paralyser, le transport aérien national", a déclaré le président de la RAM Driss Benhima le 13 août. Il a déclaré qu'il envisagerait de louer des appareils pour répondre à une grève qui coûte à la compagnie un million d'euros par jour.

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2007-07-30 L'économiste Mohamed Grine a expliqué à Magharebia que ce problème exigeait une solution rapide, car il a aussi des répercussions sur l'économie marocaine. "Bon nombre de touristes vont être dissuadés de venir au Maroc à cause de ce problème social", affirme-t-il, ajoutant qu'il a l’impression que chacune des deux parties essaie d’abattre l’autre sans aucune intervention des pouvoirs publics pour dépasser la crise.

"Il s’agit d’une compagnie nationale et d’un secteur stratégique, il faut trouver une issue à ce conflit social. Mais au Maroc, on a l’impression que les managers ne sont pas formés pour bien gérer les conflits sociaux", déclare-t-il.

"C’est l’image de marque de la RAM qui pâtit de l’enlisement de ce conflit qui coûte beaucoup à l’argent public, tandis que le Maroc en a besoin pour résoudre d’autres problèmes dont le chômage", explique M. Daoudi.

Certains observateurs espèrent que la fin de la trève parlementaire apportera une solution à ce conflit, en dépit des déclarations du ministre de l'Equipement et des Transports Karim Ghellab qui affirme qu'il s'agit d'un problème interne, qui doit être réglé entre la direction et le syndicat. M. Ghellab avait auparavant souligné que les discussions entre la direction de la RAM et les pilotes restaient ouvertes et permanentes.

Par Sarah Touahri pour Magharebia à Rabat

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