Mozambique: manifestation contre un nouveau traitement des malades du sida/Actualité
Des centaines de Mozambicains ont manifesté lundi à Maputo contre la politique gouvernementale qui menace, selon eux, les soins prodigués aux malades du sida dans le pays, l'un des plus touchés au monde.
Des centaines de Mozambicains ont manifesté lundi à Maputo contre la politique gouvernementale qui menace, selon eux, les soins prodigués aux malades du sida dans le pays, l'un des plus touchés au monde.
Les manifestants se sont rendus jusqu'au ministère de la Santé où ils ont remis une lettre au ministre Ivo Garrido pour réclamer un meilleur traitement et davantage de confidentialité pour ces malades qui représentent 16% des adultes.
Les autorités ont annoncé en février la fermeture des centres spécialisés dans le sida, pour les inclure dans le système de santé général, affirmant que ces cliniques renforçaient le sentiment de honte autour de la maladie.
Les défenseurs des centres soulignent que ces fermetures ont provoqué une baisse dramatique du nombre de malades en demande de traitement.
Les malades du sida ont des cartes d'assurance maladie spéciales, de couleur verte, qui révèlent immédiatement leur état aux autres patients dans les cliniques, soulignent-ils.
"A cause de la décision de fermer les hôpitaux de jour, il y a de plus en plus de personnes qui abandonnent leur traitement, le nombre de décès augmente, l'adaptation au traitement baisse, la discrimination à l'encontre des personnes affectées par le sida augmente de manière dramatique", selon un communiqué des manifestants.
Selon un anthropologue spécialisé dans la question au Mozambique, Christian Reed, le nombre de malades en demande de traitement à Pemba (nord du pays) est passé d'environ 50 à 3 ou 4 par jour, après la fermeture de l'hôpital de jour.
"Ceux qui ne veulent pas que leur famille soit au courant (de leur maladie) ne viennent pas" et "l'accès aux services de soins est plus difficile à présent", ajoute ce chercheur. "On avait un hôpital avec des spécialistes du sida, à présent tout le monde est mélangé", dit-il.
Les ONG soulignent que cette politique vise également à parvenir au ratio d'un médecin pour 23.000 Mozambicains.
AFP