Revue de presse Afrique du 27 août 2009
Un joueur d’échecs redoutable
Les négociations de Maputo pour sortir Madagascar de la crise bloquent toujours sur les nominations clés : la présidence et la primature, le poste de Premier ministre, de la transition. L'Express de Madagascar note tout de même qu' « une petite avancée a été enregistrée » hier après midi. La mouvance Albert Zafy « s'est rangée du côté d’Andry Rajoelina » et propose que l'actuel homme fort de la Grande Ile soit nommé président de la Transition.
Didier Ratsiraka a aussi finalement « rallié cette position », mais Marc Ravalomanana s'y oppose toujours fermement. Didier Ratsiraka a d’ailleurs, dans la foulée, « en redoutable joueur d'échecs », « avancé un pion » pour tenter de remporter la partie. Il a proposé le nom d'une femme issue de sa mouvance, Ramisandrazana Rakotosoa, au poste de Premier ministre. (Ramisandrazana Rakotosoa était directrice de Cabinet du dernier chef de gouvernement de l'ancien président.) Cette candidature, d'après un autre quotidien malgache Midi Madagascar, pourrait faire consensus et obtenir l'aval des 4 chefs de mouvance. Même si Monja Roindefo, l'actuel Premier ministre d’Andry Rajoelina, continue de jouer des coudes pour conserver son poste.
Rien n'est donc signé pour l'instant. La seule décision qui a fait l'unanimité, hier, d'après L'Express, est la nomination d’Albert Zafy à la tête du comité national de réconciliation. Pour le reste, « l'imbroglio reste entier ». Et le camp Rajoelina fait monter la pression. Dans un communiqué, il affirme qu'il rentrera, ce soir, à Madagascar quelles que soient l'issue des négociations. Une intention qui, pour L'Express, « n'augure rien de bon ».
Hara kiri
Au Mali, la décision a été prise : le nouveau code sur la famille est renvoyé, en seconde lecture, à l'Assemblée nationale. Numéro d'équilibriste pour Amadou Toumani Touré, qui a consulté les députés mais aussi les associations musulmanes avant de prendre sa décision. Mais il n'a pas, pour autant, été désavoué par le président, explique le journal L'Essor. ATT a souligné que sur les 40 articles, il n'y en avait que 10 qui posaient problème. Le chef de l'Etat s'est aussi déclaré solidaire des députés qui ont voté le texte le 3 août dernier. (Le discours d'hier d'Amadou Toumani Touré est à lire en intégralité dans les pages de L'Essor et sur le site internet du quotidien.)
Pour un autre journal, 22 septembre, même si ATT le dément, il a lâché les députés. Soit il choisissait de porter le chapeau, d'assumer son échec (le texte a été très vivement critiqué notamment par le Haut Conseil Islamique du Mali). Selon le journal, soit ATT se faisait « politiquement hara kiri », soit il « sacrifiait » les parlementaires. C'est la deuxième option qui a été choisie d'après 22 septembre.
Résultat : Amadou Toumani Touré va apparaître comme « un grand défenseur de la religion musulmane » et les députés « comme des mécréants voir des ennemis de Dieu ». Le journal note d'ailleurs que certains élus, de peur d'être pris à parti, n'osent plus désormais mettre les pieds à la mosquée.
Le vin de palme, un nectar délicieux !
Au Gabon, pour tenir le rythme de la campagne, Ali Bongo a dû rompre le jeûne, rapporte le site internet Gaboneco. Pas facile, en effet, d'enchaîner les meetings avec rien ou presque dans l'estomac ! Hier, le candidat du PDG s'est offert un petit déjeuner très copieux à 8 heures alors que le ramadan commence à 6 heures.
Pas facile aussi de suivre la campagne quand on est journaliste ! Dans les « brèves de campagne », toujours selon Gaboneco, à voir la photo d'un confrère de TF1 qui pique un petit roupillon à l'aéroport de Koualamoutou ! Il aurait, en fait, selon le site internet, découvert « un délicieux nectar », le vin de palme que l'on sert souvent dès le petit déjeuner dans certains villages du pays !
Autre marathon ou presque. Il faut être persévérant au Gabon et attendre parfois des heures pour obtenir sa carte d'électeur. Plusieurs causes à cela, explique Gaboneco. D'abord, l'affluence dans les centres de retrait du pays et puis, des soucis techniques aussi. Des électeurs qui ne sont pas inscrits sur les listes ou d'autres qui sont inscrits mais qui ne trouvent pas leur carte.
La loi prévoit, en tous cas, que les Gabonais pourront retirer leur carte dans les bureaux de vote y compris le jour du scrutin. Ce qui devrait, évidemment, « encore entraîner des complications » pour Gaboneco.
par Céline Missoffe