Revue de presse Afrique du 4 août 2009
Le referendum au Niger : « une simple formalité » pour Mamadou Tandja Les Nigériens sont appelés aux urnes aujourd’hui, pour se prononcer, par referendum, pour ou contre la nouvelle constitution qui va permettre à Mamadou Tandja de se maintenir au pourvoir. Pour le président, « le plus dur est déjà passé ». C'est ce qu'on peut lire, ce matin, dans les colonnes du Pays au Burkina. Mamadou Tandja a, en effet, réussi à organiser son referendum, malgré les pressions de la communauté internationale et la mobilisation de l'opposition nigérienne. « Il peut, du coup, déjà savourer cette victoire d'étape, la plus déterminante » d'après le quotidien.
Pour ce qui est de l'issue du scrutin, ce devrait être « un jeu d'enfant, une simple formalité pour le dirigeant nigérien […] qui devrait disposer, comme tout bon président des républiques bananières, des moyens de l'Etat pour assurer son maintien au pouvoir ». En clair, les autorités devraient avoir recours « à une méthode de fraude bien répandue sous les tropiques africains : le bourrage des urnes ». Somme toute, rappelle Le Pays, « on n’organise pas une élection en Afrique pour la perdre ».
Pas de doute non plus pour L'Observateur, toujours au Burkina. Le « oui » va l'emporter aujourd'hui. Mais le journal prévient : gare aux lendemains qui déchantent ! « L'opposition, souligne L'Observateur, a parlé de calme avant la tempête et on est en droit de craindre le pire sur les bords du fleuve Niger. De graves empoignades ne sont pas à écarter. »
Le gouvernement nigérian pointé du doigt Au Nigeria voisin, après les violences de la semaine dernière, on enterre les morts. La plupart des victimes ont été inhumées, hier, dans des fosses communes dans le nord du pays. Ces violences ont fait plus de 1 000 morts en 5 jours. Dans cette affaire, la responsabilité du gouvernement nigérian est, une nouvelle fois, pointée du doigt.
Editorial à lire, ce matin, dans le journal nigérian The Vanguard. « Les positions des islamistes de la secte Boko Haram étaient connues. Leurs menaces d'attaquer les institutions et les individus qui ne partageaient pas leurs croyances étaient faites en public. Pourtant, il n'y a eu aucune réponse officielle ». Et The Vanguard de poser la question : « quand est-ce que les autorités feront-elles face à leurs responsabilités? »
« Sondage interdit » au Maroc A la une du Monde en date de ce mardi 4 août : la première enquête d'opinion sur le roi du Maroc. Presqu'un crime de lèse majesté... Pour cela, Le Monde ne devrait pas être vendu aujourd'hui au Maroc. TelQuel et Nichane, deux hebdomadaires marocains, eux, ont déjà été censurés pour avoir voulu publié ce même sondage. C'est ce qu'on peut lire en gros caractères sur leur site internet.
- 000 exemplaires de ces journaux ont été saisis et détruits. « Une décision des plus contestables, arbitraire et absurde, selon Le Monde [...]. C'est une injure au peuple en même temps qu'une surprenante atteinte portée par le Maroc à sa propre image ».
Surprenante car le sondage en question est flatteur pour Mohammed VI. 91 % au total des Marocains jugent son bilan positif. En revanche, il y a deux points noirs pour le souverain : la lutte contre la pauvreté d'abord. Un tiers seulement des sondés estime que la situation s'est améliorée au cours des 10 dernières années. Autre surprise de cette enquête : la Moudawana, le nouveau code de la famille, n'est pas du tout populaire. Près de la moitié des Marocains juge qu'il a donné trop de droits aux femmes.
Ce qui pose problème, ce n’est donc pas le contenu, mais « le principe même du sondage sur la monarchie », explique le ministère de l'Intérieur. Principe « inacceptable ». Le roi est un personnage sacré et non pas élu. Mais, écrit Le Monde, « que penser alors d'un pays qui ne veut pas entendre l'opinion de sa population ? » Pas franchement du bien... D'autant que ce n'est pas la première fois que la presse a affaire au pouvoir au Maroc. Il n'y a pas de censure officielle mais plusieurs publications ont déjà été condamnées à payer des amendes exorbitantes « qui équivalent à des condamnations à mort ». La presse se dit victime de harcèlement judiciaire. En signe de protestation, le mois dernier, 20 journaux ont été publiés, le même jour, avec des éditos blancs, sans une ligne.
« Le sommet de toutes les attentes » à Maputo Négociations cruciales demain à Maputo au Mozambique. Les chefs de file des partis politiques malgaches se retrouvent autour d'une même table pour tenter de trouver une issue à la crise. C'est le sommet « de toutes les attentes » écrit L'Express de Madagascar. Et la société civile « fait pression » pour que ces négociations aboutissent.
« Elle exige l'apposition de signature de ceux qui se rendront à Maputo. C'est une exigence et non une demande ». Déclaration de l'un des représentants du collectif qui regroupe les différentes organisations de la société civile. A lire aujourd'hui donc dans les colonnes de L'Express de Madagascar.
par Céline Missoffe