Somalie: les forces pro-gouvernementales à l'offensive contre les shebab/Actualité
Les combats se sont intensifiés jeudi dans le centre et le sud de la Somalie, où les forces pro-gouvernementales à l'offensive tentent de déloger les insurgés islamistes shebab de leurs bastions.
Les combats se sont intensifiés jeudi dans le centre et le sud de la Somalie, où les forces pro-gouvernementales à l'offensive tentent de déloger les insurgés islamistes shebab de leurs bastions.
Après avoir attaqué en début de semaine deux localités aux confins des frontières éthiopienne et kényane, les forces pro-gouvernementales ont pris d'assaut jeudi la ville de Bulobarde (centre) à 200 km au nord de Mogadiscio, tenue par les shebab.
Au moins 21 personnes, en majorité des combattants, ont été tuées dans d'intenses combats aux alentours d'un pont traversant la ville, et qui ont cessé à la mi-journée, selon des habitants.
Les assaillants ont été apparemment contenus, toujours selon des témoins, alors que les deux camps revendiquaient la victoire.
Un commandant des shebab, cheikh Mohamed Ibrahim, a affirmé ses hommes avaient repoussé l'assaut. Au contraire selon un officier des forces gouvernementales, le colonel Adan Yusuf Mohamed, "les terroristes ont subi de lourdes pertes dans la bataille".
Toujours d'après des habitants, ces forces pro-gouvernementales étaient appuyées par des éléments du groupe Ahlu Sunna wal Jamaa, milice religieuse affiliée à la branche soufie de l'islam somalien et présentée comme modérée.
Au côté des milices du chef de guerre Barre Hirale, ces combattants religieux avaient déjà joué un rôle important dans l'offensive lancée lundi sur les localités de Luq et Bulohawo (sud), près des frontières éthiopienne et kényane.
Depuis le début de la semaine, cette coalition pro-gouvernementale --composée de militaires du gouvernement de transition, groupes de miliciens, et combattants de Ahlu Sunna-- fait mouvement dans le centre et le sud du pays, vers des place-fortes des shebab comme Baïdoa.
Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, et gravement menacé par une offensive sans précédent lancée en mai dernier par les shebab, le gouvernement de transition somalien (TFG) du président Sharif Cheikh Ahmed tente ainsi de reprendre l'initiative militaire.
Dans une Somalie ravagée par la guerre civile depuis 1991, le TFG ne contrôle qu'une faible partie de la capitale Mogadiscio et du pays, morcelé en entités plus ou moins autonomes livrées aux milices et sur lesquelles l'Etat n'a aucune prise.
Face à cette nouvelle offensive gouvernementale, les insurgés islamistes shebab ne restent pas inactifs et ont lancé depuis lors plusieurs contre-attaques. Mercredi, ils ont repris Bulohawo après "avoir tué de nombreux partisans du gouvernement", a affirmé leur chef sur place Sheikh Ibrahim Hasan.
Jeudi, tentant sans doute de prendre sur leurs arrières les combattants pro-gouvernementaux qui s'étaient enfoncés vers Bulobarde, les shebab ont lancé une autre contre-offensive sur Beledwyene, faisant huit blessés.
Bulobarde est la principale ville le long de la route reliant sur près de 300 km Mogadiscio à Beledwyene, localité stratégique proche de la frontière éthiopienne.
Après là aussi d'intenses échanges de tirs, les combattants islamistes ont pu prendre le contrôle de la partie ouest de Beledweyne, d'après un notable local.
La situation militaire reste donc à ce jour relativement indécise, chaque camp répondant aux attaques adverses par des coups de mains et des raids éclairs sur le mode de la guérilla.
Selon de nombreux témoignages, de nombreux éléments des forces pro-gouvernementales ont reçu un entraînement en Ethiopie voisine et un soutien logistique de l'armée éthiopienne.
Ce que le porte-parole du gouvernement éthiopien, Bereket Simon, a clairement reconnu une nouvelle fois jeudi: "nous avons déjà dit au monde que nous soutiendrons le TFG. Nous avons entraîné leurs forces et nous continuerons de le faire".