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Cameroun : Paul Biya et « ses » généraux rendent l’alternance inenvisageable

by nonos yannick last modified 2008-05-29 17:53

La commémoration du 36ème anniversaire de la création de l’État unitaire du Cameroun, le 20 mai 2008 dernier, a été l’occasion pour Paul Biya de saluer la bravoure controversée du collectif des généraux qui, depuis trois décennies, bloque tout processus crédible de la démocratisation des institutions de la République au Cameroun.

Arrivé, en effet, au pouvoir en 1982, puis reconduit, par des suffrages électoraux contestés, Paul Biya et le très sélectif collectif des généraux, n’ont cessé de renforcer leur mainmise sur les institutions et les affaires du pays. Dans les années ’90, la très fameuse tripartite avait pourtant proposé une feuille de route vers la démocratie et avait laissé entrevoir la possibilité d’une transition démocratique graduelle et contrôlée par le collectif des généraux.

Malheureusement, la perte de crédibilité du leadership au sein de l’opposition, avec des scissions au sein du Social democratic front (SDF) et dans l’Union des populations du Cameroun (UPC) marquera le retour en force de la ligne dure du régime avec ses caciques et le collectif des généraux. Ce dernier groupe serait très hostile à toute négociation ou concession avec l’opposition démocratique.

Profitant d’une conjoncture qui lui semble favorable, le collectif des généraux a toutes les chances de pérenniser son influence en dictant ses propres règles du jeu démocratique en vue de renforcer plutôt le régime. Pas étonnant dès lors que la fête nationale ait été mise à profit par Paul Biya pour remercier, une fois de plus, le collectif des généraux pour sa participation à la « stabilité » du pays. Ces officiers ont divisé le pays en douze régions militaires de manière officieuse alors que dans les textes il n’existe que trois régions militaires interarmées. Les douze ont, à leur tête, des officiers du collectif aux pouvoirs discrétionnaires. Véritables maîtres dans leurs fiefs, ils contrôlent quasiment l’ensemble de leur territoire et des flux de personnes mais pas forcément de marchandises.

Des supputations attribuent à ce collectif les actes de répression de manifestations, des arrestations, des tortures en hausse au Cameroun. En face, le pouvoir judiciaire semble entièrement soumis a l’exécutif et les juges seraient nommés sur base de leurs accointances avec le régime et le collectif des généraux. Le quatrième pouvoir, la presse, est globalement aussi sous contrôle et partie prenante du système de propagande. Semengue Pierre, le doyen du collectif des généraux camerounaisRestent, tout de même, certaines inconnues : dans l’éventualité d’une disparition de Paul Biya, comment la situation pourrait-elle évoluer ? La nouvelle génération de jeunes hauts grades de l’armée qui frappe à la porte du collectif des généraux pourrait jouer un rôle difficile à déterminer aujourd’hui.

Sans oublier qu’une partie du collectif des généraux aurait pris conscience de la nécessité d’un changement. À titre indicatif, ce groupe de généraux serait composé de Semengue Pierre, le doyen, Nganso Sunji Jean, Oumarou Djam Yaya, Mambou Defo Roland, Angouand Claude Laurent, Tataw James, Youmba Jean René, Asso`o Amane Bênoit, Mpay Philippe, Nkoa Atenga Camille, Samobo Pierre, Meka Claude René, le contre amiral Ngouah Ngali, Douala Massango, Dagafounanssou Simon Pierre, Obama Isidore Claude, Ivo Yenwo Desancio, Benae Mpecke Blaise, Baba Soule, Ngambou Esaie, Tchemo Hector Marie, Sali Mahamadou.| Charles Atangana (AEM) ©

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Copyright 2008, by the Contributing Authors. Cite/attribute Resource. nonosyan. (2008, May 29). Cameroun : Paul Biya et « ses » généraux rendent l’alternance inenvisageable. Retrieved November 23, 2008, from Africa online television Web site: http://www.africaontv.com/Members/nonosyan/news/cameroun-paul-biya-et-ab-ses-bb-generaux-rendent-l2019alternance-inenvisageable. All Rights Reserved.
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