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Heurs et malheurs de la banane camerounaise

by nonos yannick last modified 2008-06-15 19:18

Filière banane : Des salaires de 15.000 francs dans les plantations

Dans les bananeraies de Mbanga, Njombè, Penja et Manjo, les travailleurs camerounais se battent contre tous, pour gagner leur vie. En longeant la voie principale qui dessert le département du Moungo, de Mbanga à Manjo, en passant par Njombè et Penja, l'étendue des plantations de bananiers est impressionnante.

Les terres volcaniques de la région, la mobilisation des petits aéronefs, des engins divers et l'utilisation des engrais chimiques n'expliquent pas seuls la qualité des plants et des fruits visibles au loin. Plusieurs centaines de jeunes gens sont venus des différents coins du Cameroun, pour se joindre aux travailleurs champêtres recrutés sur place. Par vagues, ils sont recrutés, utilisés puis très souvent remerciés par les responsables des multinationales qui sont les propriétaires des grandes exploitations. Les travailleurs de la banane sont tous amers.

Pour gagner leur salaire mensuel, moins de 20 000 francs pour les ouvriers, ils passent l'essentiel de leur temps dans les plantations. Leur transport vers les champs, tôt le matin, par les véhicules de service, est considéré comme l'un des rares avantages concédés par les patrons étrangers qui règnent en maîtres. " On peut ajouter que, de temps en temps, on nous offrait les résidus de banane, en plus du fait que l'on autorisait certains travailleurs à cultiver une petite parcelle à des fins privées ", se souvient Maurice Lom, un ancien ouvrier des Plantations Haut Penja (Php), la plus grosse exploitation de bananiers au Cameroun, avec plus de 130.000 tonnes de produits par an en moyenne.

Maurice Lom a dû se reconvertir, pour survivre, dans le moto taxi, depuis qu'il a cessé d'être employé temporaire chez Php. Comme lui, beaucoup de jeunes gens, dans les localités de Njombé et de Penja, ont travaillé dans la banane. Il en est de même de leurs compatriotes de Mbanga et Manjo, deux autres localités où les géants de la Société des plantations de Mbanga (Spm) disposent d'exploitations étalées sur plus de 900 hectares, avec une production moyenne de 30.000 tonnes par an.

Maurice Lom et plusieurs autres anciens ouvriers affirment que le plus dur dans les champs ne se limite pas aux longues heures de travail et au mépris dont ils ont été régulièrement victimes de la part de leurs chefs, camerounais et expatriés compris.

Les bas salaires sont un autre motif de frustration. " Lorsque vous êtres ouvrier dans les champs de banane, vous êtes sûr que votre rémunération ne peut osciller que entre 15.000 et 18.000 francs Cfa." Les dirigeants de Php et Spm récusent l'étiquette de négriers que leur collent les employés. " Plusieurs cadres camerounais occupent de hautes fonctions au sein des exploitations.

Les faibles rémunérations sont liées aux contraintes des lourdes charges d'exploitation et de transport. Mais nous essayons d'offrir à chacun toutes sortes de bonifications ", explique un cadre de Php à Njombé. Ce dernier fait remarquer que chez Php, la direction des ressources humaines est dirigée par un Camerounais, à qui il revient d'intercéder auprès des expatriés pour l'amélioration des conditions de travail des employés.

D'ailleurs, une guéguerre permanente existe entre les cadres et les ouvriers camerounais ; les seconds accusant les premiers de les maintenir au bas de l'échelle. Cette tension permanente se traduit soit par des mouvements d'humeurs, soit par des licenciements abusifs en masse.

Denis Nkwebo

Copyright 2008, by the Contributing Authors. Cite/attribute Resource. nonosyan. (2008, June 15). Heurs et malheurs de la banane camerounaise. Retrieved November 23, 2008, from Africa online television Web site: http://www.africaontv.com/Members/nonosyan/news/heurs-et-malheurs-de-la-banane-camerounaise. All Rights Reserved.
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