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Kenya : La sécurité alimentaire, priorité absolue après les violences

by nonos yannick last modified 2008-05-25 16:09

"J'ai été obligée de réduire mon budget ces deux derniers mois parce que les prix de tous les articles ont augmenté de dix ou vingt shillings", déclare à Xinhua Caroline Atieno, une habitante de Nairobi. Vivant dans le quartier pauvre de Kibera, Caroline Atieno ne cache pas son choc et inquiétude devant la flambée des prix de denrées alimentaires, au lendemain des violences post-électorales qui ont fait un millier de morts de décembre à mars.

Cette inquiétude n'est pas sans raison. Dans son rapport sur la surveillance des marchés, l'Association kenyane des fabricants ( KAM) confirme que le taux d'inflation est passée de 12% en décembre à 18% en janvier. Parallèlement, nombre de Kenyans ordinaires, interrogés par Xinhua, reconnaissent que la récente montée des prix des produits nécessaires à la culture, surtout les engrais, le diesel et les graines, sont les causes de la pénurie de denrées alimentaires.

A la hausse des prix de ces produits s'ajoutent une crainte de la sécheresse, qui menace d'autant plus les stocks alimentaires dans un proche avenir, avertit la KAM. L'association impute cette situation à l'insécurité du Kenya qui a forcé plus de 350.000 personnes à abandonner leurs activités économiques et à chercher refuge dans les camps de déplacés. Au niveau de l'économie nationale, le Kenya a revu à la baisse sa croissance en 2008 au niveau de 4% à 6% par rapport à la prévision précédente de 7%, après les violences meurtrières amorcées par la réélection controversée du président Mwai Kibaki en décembre dernier.

Priorité des priorités

Le gouvernement kenyan a déjà fait de la sécurité alimentaire la priorité des priorités dans les années à venir. Réuni cette semaine, le cabinet s'engage à élargir ses réserves alimentaires, visant à relever les stocks de maïs de 4 à 8 millions de sacs dans les deux prochaines années. Le gouvernement a également signalé une levée des droits douaniers imposés sur les importations de blé et de riz afin d'apaiser les hausses de ces deux produits sur les marchés locaux, résultant, selon la FAO, d'une baisse des exportations des producteurs importants.

En ce qui concerne le maïs, le gouvernement d'union nationale s'efforce d'en fixer les prix au plus tôt que possible. Selon le secrétaire permanent du ministère de l'Agriculture, Romano Kiome, les paysans kenyans ont tendance à vendre le maïs vers l'Ouganda et la Tanzanie, en cas où leurs prix seraient plus profitables. En outre, Nairobi doit ouvrir la porte au commerce de maïs une fois que les Tanzaniens commencent leur moisson en juin prochain. Les experts du ministère de l'Agriculture sont en train d'examiner la situation, où le destin des Kenyans dépend non seulement d'une bonne récolte nationale cette année, mais également d'une aide des Tanzaniens. Le gouvernement kenyan attend une fourniture de 200.000 tonnes de maïs. Mais la solution à long-terme, selon les experts agricoles, réside dans un soutien permanent aux agriculteurs pour assurer une production suffisante.

Par ZHAO Zuojun Xinhua

Copyright 2008, by the Contributing Authors. Cite/attribute Resource. nonosyan. (2008, May 25). Kenya : La sécurité alimentaire, priorité absolue après les violences. Retrieved November 23, 2008, from Africa online television Web site: http://www.africaontv.com/Members/nonosyan/news/kenya-la-securite-alimentaire-priorite-absolue-apres-les-violences. All Rights Reserved.
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