Mauritanie: meeting en faveur du putsch, 22.000 participants selon la police
Plus de 22.000 personnes, selon la police, et plus de 30.000, selon les organisateurs, ont participé lundi après-midi à Nouakchott à un meeting de soutien au coup d'Etat militaire du 6 août en Mauritanie, qui avait renversé le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi.
Une source policière sur place a déclaré à un correspondant de l'AFP que "22.000 à 25.000" personnes étaient réunies dans le stade olympique. L'un des organisateurs du "meeting du défi", Moudir Ould Bouna, cadre démissionnaire du parti du président renversé, a affirmé que "plus de 30.000 personnes" y participaient.
Le général Mohamed Ould Abdel Aziz, dirigeant de la junte ayant pris le pouvoir 12 jours auparavant, a fait un bref discours avant de prendre un bain de foule sur la pelouse du stade. "Tous les problèmes que nous avons identifiés ensemble seront résolus", a affirmé le général, citant "l'injustice, la corruption, la hausse des prix, la détérioration du niveau de vie des populations".
"Désormais, les deniers publics ne seront plus gaspillés ni dilapidés. Ce sont vos richesses, elles vous reviendront", a encore promis le militaire, ex-chef de la garde présidentielle. Etait également présent Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ambassadeur de la Mauritanie à Bruxelles, que le chef de la junte avait nommé jeudi Premier ministre.
Le secrétaire général du Parti Républicain pour la Démocratie et le Renouveau (PRDR), Sidi Mohamed Ould Mohamed Vall, a accusé le régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi, destitué par les militaires après 15 mois au pouvoir, de "blocage des institutions et de "corruption généralisée".
Un orateur a déclaré que ce meeting était "un message clair et éloquent à l'opinion nationale et internationale", montrant la "cohésion de l'écrasante majorité du peuple mauritanien en faveur du putsch". Dans la journée, 41 partis sur les 59 de Mauritanie avaient annoncé la création d'une "coordination pour le soutien" au coup d'Etat.
La semaine dernière, plus des deux-tiers des parlementaires avaient affirmé leur soutien au putsch, tout comme la très grande majorité des maires (191 sur 216). Lundi, le Front national pour la défense de la démocratie a accusé les autorités militaires d'avoir refusé qu'une marche de dénonciation du coup d'Etat ait lieu dans la capitale.
Mohamed Mahmoud Ould Dahmane, secrétaire général du Pacte National pour la Démocratie et le Développement (PNDD, parti du président renversé), a indiqué que le gouverneur de Nouakchott avait refusé d'autoriser cette marche. Le gouverneur, Mohamed Lemine Ould Moulaye Zeine, a affirmé à l'AFP que l'administration avait demandé au Front de reporter à mercredi cette marche, pour "des raisons de sécurité et d'organisation"
© 2008 AFP