Nigeria: Obasanjo répond par écrit à une commission d'enquête parlementaire
Invité à venir témoigner lundi devant une commission d'enquête parlementaire sur les milliards de dollars dépensés sans résultat dans le secteur électrique entre 1999 et 2007, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo ne s'est pas présenté, a constaté l'AFP.
L'ancien président, tout comme l'ex vice-président Atiku Abubakar, se sont contentés d'envoyer des réponses écrites.
Obasanjo a allégué d'une "légère indisposition" tandis que son ancien n°2 a indiqué qu'il n'avait pas trouvé de vol pour rentrer de Dubai, mais se présenterait dès que possible. Sur le fond, Olusegun Obasanjo a contesté le chiffre entre 12 et 16 milliars de dollars (de 6,5 à 10 milliards d'euros) avancé par la commission d'enquête et affirme que son administration n'a dépensé que 6,5 milliards dans le secteur de la production électrique. "Quel que soit le chiffre que vous retiendrez, le fait de dire que rien ou peu a été fait constitue la déclaration de l'année", a plaidé l'ex-président. Le président de la commission d'enquête, Ndudi Elumelu, qui vient d'achever une tournée d'inspection des projets de centrales à travers le pays, a indiqué que 95% des projets visités étaient "non performants".
Selon M. Elumelu, qui a fait état ces dernières semaines de menaces de morts contre lui, la production d'électricité du Nigeria a chuté de plus de 25% entre l'arrivée au pouvoir d'Obasanjo en 1999 et son départ fin mai 2007, malgré quelque 16 milliards de dollars officiellement investis. "Avant 1999, nous produisions plus de 3.000 mégawatts, mais aujourd'hui (...) c'est tombé à 2.250 mégawatts", avait-il indiqué début avril, cité par l'agence de presse nigériane NAN. "Nous avons englouti près de 16 milliards de dollars dans ce secteur, et nous produisons beaucoup moins qu'en 1999", avait-il ajouté en visitant des projets avortés de centrales électriques dans l'Etat d'Imo (sud).
Plusieurs gouverneurs, le gouverneur de la banque centrale CBN Charles Soludo, les ministres actuels des Finances Shamsedin Usman et de la Justice Michael Aondoakaa et de nombreux responsables financiers fédéraux ont déjà défilé à la barre de la commission d'enquête. Paradoxalement, le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique et potentiellement un des plus riches (8e exportateur mondial de pétrole), est proportionnellement un des moins équipés: moins de 3.000 mégawatts pour plus de 140 millions de personnes, contre par exemple 38.500 mgw pour environ 45 millions de Sud-Africains.
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