Gabon: l’équipe gouvernementale ne change pas / Actualité afrique
Le gouvernement de transition formé vendredi soir est une copie presque conforme du précédent...
Messe à la cathédrale de Libreville pour le repos de l’âme d’Omar Bongo Ondimba, et première sortie publique pour le numéro un gabonais et son nouveau gouvernement samedi dernier. Finalement, Rose Francine Rogombé a préféré faire simple. La veille, la présidente de la République par intérim a reconduit dans ses fonctions, le Premier ministre Jean Eyeghe Ndong. C’est donc lui qui conduit le gouvernement de transition, chargé notamment d’organiser la prochaine élection présidentielle. La nouvelle est tombée à 23h. Le Premier ministre, qui avait remis sa démission plus tôt dans la matinée, a ensuite lu en direct à la télévision, la composition du gouvernement. Et premier constat : ce n’est pas la grande révolution. On note quand même la nomination d’un nouveau ministre de l’Intérieur. Jean François Ndongou, ancien titulaire du portefeuille de la Coordination et du suivi de l’action gouvernementale, permute avec l’une des fortes têtes du régime, André Mba Obame.

Mais en dehors de trois ou quatre mutations de ce genre, le précédent gouvernement a été reconduit dans son ensemble. Des Vice-premiers ministres aux ministres délégués, tous conservent leur fonction gouvernementale. Ce qui vaut déjà à la présidente gabonaise, ses premières critiques. La configuration de ce gouvernement de transition est en effet une déception pour tous ceux – notamment les partis d’opposition – qui réclament depuis des mois, la réduction des effectifs. Le gouvernement compte une cinquantaine de ministres.
Mais la présidente n’a visiblement pas voulu prendre de risques. En choisissant de conforter la majorité présidentielle et notamment le Parti démocratique gabonais (PDG) dans ses acquis, le chef de l’Etat évite ainsi de secouer une formation politique où des intérêts très divergents font planer le spectre de la division. Une formation politique qui a donc besoin d’un minimum de sérénité pour aborder les prochaines échéances.
Maintenant que le gouvernement de transition est en place, l’autre question qui divise aujourd’hui est celle du délai de cette transition. Le Gabon peut-il organiser convenablement des élections présidentielles en 45 jours ? Si du côté du PDG, la réponse ne fait l’ombre d’aucun doute, les leaders de partis d’opposition se montrent plus réservés, quand ils ne répondent pas catégoriquement non. Le report est souhaité par une partie de la classe politique. Mais les Gabonais qui ont clairement demandé à leurs dirigeants de leur offrir la paix, voudront-ils d’un processus qui s’éternise ?
Cameroun tribune