Liberia: un journaliste et un imprimeur arrrêtés pour un article sur la Guinée
Un journaliste et un imprimeur libériens sont détenus depuis plusieurs jours à Monrovia, pour avoir publié un article accusant la présidence libérienne de soutenir des opposants guinéens pour renverser la junte, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.
Un journaliste et un imprimeur libériens sont détenus depuis plusieurs jours à Monrovia, pour avoir publié un article accusant la présidence libérienne de soutenir des opposants guinéens pour renverser la junte, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.
Le directeur de publication du quotidien Plain Truth, Surinus Cephus, "a été arrêté lundi et est détenu dans les locaux de l'Agence nationale de sécurité" (unité de la gendarmerie, en charge de la sécurité de l'Etat et des renseignements généraux), a indiqué à l'AFP une source à la présidence libérienne.
Le manager de Seamarco Printing Press, Michael Makinde, imprimeur du quotidien Plain Truth, avait été arrêté samedi.
Tous deux ont été interpellés après la publication, le 9 décembre, d'un article "accusant le gouvernement de la présidente (Ellen Johnson) Sirleaf de fournir des armes à des dissidents guinéens pour renverser le gouvernement en Guinée", selon la même source.
"Cet article est non seulement un assemblage de mensonges mais il omet également de prendre en compte la fragilité de la situation en Guinée. Tout ce qui (s'y) passera va largement nous retomber dessus, ici au Liberia", pays frontalier de la Guinée, a-t-on fait valoir.
Des milliers de Libériens s'étaient réfugiés en Guinée durant les 14 années de guerres civiles au Liberia, de 1979 à 2003.
"La présidente (Sirleaf) ne va jamais déstabiliser un autre pays. La situation en Guinée est inquiétante et tout est mis en oeuvre pour trouver une solution", a-t-on ajouté.
Reporters sans frontières a demandé mercredi "la remise en liberté provisoire de Mickael Makinde et de Syrenius Cephys".
"Si l'article publié par le quotidien Plain Truth est infondé et diffamatoire, (...) les autorités libériennes doivent pouvoir le prouver sans recourir à la détention de ses auteurs", a fait valoir l'organisation de défense de la liberté de la presse, dans un communiqué.
Le capitaine Moussa Dadis Camara, porté au pouvoir par l'armée guinéenne il y a près d'un an, a été blessé à la tête par son propre aide de camp qui a ouvert le feu sur lui, le 3 décembre. Il reste hospitalisé au Maroc et n'a fait aucune déclaration depuis l'attaque.