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Côte d'Ivoire: Détention des barons de la filière café cacao

by tjamack last modified 2008-06-26 12:06

Débarrasser la filière café-cacao de ses brebis galeuses. C'est ce qu'a décidé de faire le président Laurent Gbagbo ces derniers jours. Pas un seul jour ne passe actuellement sans que la tristement célèbre Maison d'arrêt et de Correction d'Abidjan n'enregistre parmi ses nouveaux pensionnaires un baron de la filière. De Tapé Do Lucien à Henri Amouzou en passant par Angeline Kili, tous croupissent en ce moment dans le sous-sol d'Abidjan. Accusés de fraude et de détournement.

En attendant que cette affaire soit tirée au clair et que les responsabilités soient situées , il faut rappeler que les manquements reprochés à ces responsables dans leur gestion ont été quelque part encouragés par l'attitude des dirigeants actuels.

Qui ne se souvient pas de la collecte de 10 milliards faite par ces mêmes patrons au nom des producteurs pour l'achat des armes de guerre aux plus chaudes heures de la crise ivoirienne ? A cette période, le président de la Bourse du café et du cacao avait annoncé non sans un brin de fierté patriotique que cette « petite aide » était la contribution des planteurs à l'effort de guerre.

Une manne financière que se sont empressés d'utiliser le président Laurent Gbagbo et ses sécurocrates pour acheter les hélicoptères de guerre et autres Soukhoi. L'argent de la filière n'a pas servi qu'à se procurer les armes. Il a également permis d'entretenir la lutte patriotique.

Les fers de lance que sont le COJEP et la FESCI n'hésitaient pas à solliciter les responsables des différentes structures de la filière au vu et au su de tous. A ce sujet, le rappel de deux faits peuvent encore rafraîchir la mémoire de ceux qui feignent encore aujourd'hui d'être amnésiques.

La lettre du patron de l'ANAPROCI à un ponte du régime de la Refondation publiée par le défunt quotidien Le Front le 19 février 2006. Dans cette lettre, Henri Amouzou explique comment sous recommandation d'un baron du régime qu'il ne nomme pas, il a remis la bagatelle somme de 250 millions de F.CFA à Charles Blé Goudé, président de l'Alliance patriotique, pour les besoins de la cause.

Même si après les deux concernés ont essayé de noyer le poisson en collant au confrère un procès pour faux et usage de faux. Au début de la crise en 2003, sur demande de la FESCI, le PCA de la BCC, Tapé Do avait pris sur lui-même de payer la scolarité de milliers d'étudiants qui rechignaient à s'acquitter de leurs frais de scolarité suite à une augmentation.

Et cela sans que les autorités ne s'interrogent sur l'origine de cet argent gracieusement mis à la disposition des étudiants. Au niveau de la presse, un journal comme le défunt « Les Echos du matin » ont ouvertement reçu le soutien financier de la FRC de Angélique Kili. Or il est de notoriété que ce journal qui a fait long feu, était proche du régime de la Refondation.

En réalité, cet élan de générosité était une manière détournée de récompenser feu Kuyo Serge, secrétaire général de la FESCI d'alors et ses camarades qui ont très tôt pris fait et cause pour la République de Laurent Gbagbo.

A l'heure des comptes, le président Laurent Gbagbo est donc mal fondé à poursuivre Henri Kassi Amouzou, Tapé Do Lucien, Angéline Kili et les autres. Au contraire, il devrait plutôt garder le profil bas. Pour la simple raison que l'argent du cacao et du café a largement servi à sauver son régime.

Jean-Claude Coulibaly  Le Patriote

Copyright 2008, by the Contributing Authors. Cite/attribute Resource. rebecca. (2008, June 26). Côte d\'Ivoire: Détention des barons de la filière café cacao. Retrieved January 09, 2009, from Africa online television Web site: http://www.africaontv.com/Members/rebecca/news/cote-divoire-detention-des-barons-de-la-filiere-cafe-cacao. All Rights Reserved.
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