Guinée: Les facteurs de propagation du sida identifiés par une gynécologue guinéenne
La stigmatisation, la discrimination et la pauvreté galopante sont les principaux facteurs de propagation de la pandémie du VIH sida dans les pays africains, a soutenu, mardi à Abidjan, la secrétaire exécutive du Centre national de lutte contre le sida (CNLS) de la République de Guinée.
Mariama Diallo Barry, qui intervenait lors des travaux de l'atelier sur les déterminants, la géographie et les conséquences sociales de la pandémie du VIH sida, a particulièrement insisté sur la mal répartition des richesses et la mal gouvernance comme causes d'accentuation du sida.
"Dans nos pays, malgré la richesse de nos sous-sols, la population se trouve au meilleur des cas, à 46% de pauvreté et au pire entre 50 et 60", a indiqué la gynécologue selon qui la pauvreté, a des conséquences cruelles comme l'irresponsabilité parentale. "Les parents, a-t-elle dénoncé, ferment les yeux sur la prostitution de leurs enfants et sur les revenus qu'ils apportent" à la maison.
Cela dit, Mme Barry a souligné la nécessité de procéder à un retour au dialogue au sein des communautés pour remédier à la situation. Quant à la stigmatisation, la secrétaire exécutive du CNLS de la Guinée estime qu'elle est très présente au sein des familles et des établissements scolaires.
Elle a par ailleurs déploré le fait que certaines personnes vivant avec le VIH cachent leur séropositivité ou ne s'intéressent pas au danger de transmission qu'elles représentent. "Nous votons des lois que nous n'appliquons pas et à cause de cet état de fait, l'épidémie reste cachée car beaucoup de séropositifs ne parlent pas", a-t-elle ainsi martelé. La pédophilie et l'homosexualité gagnent également du terrain, selon Mme Barry qui dénonce : "les parents laissent faire. Ils sont dans la majeure partie des cas complices de ce qui se passe dans leur famille".
L'atelier qui prend fin mardi après-midi, est organisé par le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA).
Sokhna Bator Sall. Agence de Presse Sénégalaise