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Maroc: Tension entre Bruxelles et Rabat

by tjamack last modified 2008-05-25 18:11

Deux affaires de terrorisme révèlent un grave problème de communication. Jo Vandeurzen s'est retranché hier soir derrière le secret de l'instruction.

L'affaire Belliraj, puis l'affaire Benali pèsent lourdement dans la coopération judiciaire entre la Belgique et le Maroc. Les relations n'ont jamais été aussi mauvaises entre les deux pays, alors que ces affaires touchent à la sécurité nationale des deux pays.

Le ministre belge de la Justice Jo Vandeurzen a lui-même été mis sur le grill hier soir à la Chambre par six députés, mais a dû se retrancher derrière le secret de l'instruction. "En tant que ministre de la Justice, je ne peux rien communiquer", a-t-il dit aux députés, démontés d'avoir appris l'arrestation de Benali et de dix autres inculpés au Maroc par la presse et de n'avoir aucune précision sur la probabilité d'un attentat en Belgique sur le Sheraton et le Parlement européen. Selon plusieurs sources, les enquêteurs belges se plaignent d'avoir été à deux reprises mis devant le fait accompli.

Dans l'affaire Belliraj, aucune copie des aveux de ce Belge d'origine marocaine n'a été initialement transmise aux autorités belges, alors même que six policiers belges avaient fait en mars le déplacement à Rabat dans le cadre d'une commission rogatoire. Dans l'affaire Benali, l'histoire est encore plus étonnante puisque le Parquet dit avoir appris l'arrestation de ce Bruxellois d'origine marocaine via la presse. L'agence officielle Ma ghreb Arabe Presse (MAP) a annoncé les onze arrestations à Fez et à Nador le 19 mai, alors que celles-ci dataient de février 2008. Benali avait quitté précipitamment la Belgique fin 2007, en pleine alerte de niveau 4, "avec une compagnie aérienne belge", a indiqué hier le député Jean-Marie Dedecker.

Dans la soirée du 19 mai toutefois, les autorités marocaines ont transmis à la Belgique un rapport et demandé à la police belge de procéder à des perquisitions et des arrestations. Inutile de dire que les suspects ont eu le temps de "nettoyer leur garage", comme le dit une personne proche du dossier. "Dans le dossier du Groupe islamique combattant marocain ( GICM), la collaboration avec le Procureur général de Rabat s'était bien passée", dit-elle. "Mais ici, nous avons l'impression que les Marocains se jettent sur les dossiers et les considèrent comme les leurs". La difficulté est que des suspects dans ces affaires de terrorisme ont la double nationalité, belge et marocaine, tandis que d'autres sont des Marocains vivant en Belgique.

 Le Maroc n'extrade pas ses nationaux vers un pays étranger, sauf dérogation particulière. Mais il y a aussi une culture policière profondément différente entre les deux pays. Peut-on prendre pour ar gent comptant des aveux peut-être extorqués sous la torture, se demande un enquêteur. A l'inverse, les Marocains obtiennent plus rapidement des renseignements. "Il est évident que les Américains préfèrent avoir Benali au Maroc qu'en Belgique", juge Claude Moniquet, patron d'un think tank sur le terrorisme à Bruxelles.

Sur le plan européen, les services marocains sont fortement aidés par leurs homologues français et espagnols. La coopération est plus difficile avec l'Union européenne en tant que telle. Cerise sur le gâteau, l'affaire Belliraj fait aussi des remous au Maroc. "Nos services de sécurité nationaux [...] ne semblent pas agir en parfaite coopération ou synergie professionnelle", écrit prudemment Khalil Hachimi Idrissi, dans un éditorial publié par le quotidien Aujourd'hui le Maroc.

Christophe Lamfalussy ( LA LIBRE )

Copyright 2008, by the Contributing Authors. Cite/attribute Resource. rebecca. (2008, May 25). Maroc: Tension entre Bruxelles et Rabat . Retrieved January 09, 2009, from Africa online television Web site: http://www.africaontv.com/Members/rebecca/news/maroc-tension-entre-bruxelles-et-rabat. All Rights Reserved.
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